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TÉMOIGNAGE

Travailler en coopération internationale à Lima avec Agata

Agata Stomal est une Montréalaise d’origine polonaise qui a réalisé plusieurs mandats de coopération internationale à Lima au Pérou entre 2013 et 2020.

Avant de partir au Pérou, Agata était déjà passionnée par les voyages et avait plusieurs expériences internationales à son actif, notamment un échange étudiant pendant un trimestre au Mexique et du Work Exchange au Brésil et en Espagne pendant quelques mois. Depuis qu’elle a quitté le Pérou en 2020, elle est devenue nomade digitale et travaille à son compte en tant que traductrice.

Ville de Lima au Pérou depuis le quartier de Miraflores

Raconte-nous ton expérience et ce qui t’a poussé à aller vivre à Lima! 

Je voyage en Pologne depuis que je suis toute petite et j’ai commencé à explorer le monde toute seule à 19 ans. Après mes études universitaires dans le domaine culturel, j’ai voyagé pendant un an et demi en Europe et au Brésil. Après ce voyage, j’avais envie de m’installer quelque part et de vraiment m’enraciner dans un pays.

Pour avoir de l’information sur les programmes de coopération internationale, j’ai assisté à un événement où toutes les organisations de coopération internationale étaient présentes et où j’ai pu voir ce qu’elles faisaient. J’ai opté pour CUSO International un peu par hasard. Comme je ne savais pas où je voulais aller, j’ai envoyé une candidature générale et ils m’ont proposé un mandat de 1 an au Pérou puisque je parlais espagnol.

Comme j’ai toujours travaillé dans le communautaire, la coopération internationale me semblait une excellente option pour combiner mes passions et mes expériences. Dans mon dernier emploi au Canada, j’ai travaillé en tant qu’Intervenante en insertion sociale et professionnelle pour les immigrants. J’y ai développé des compétences transférables qui pouvaient être appliquées à d’autres groupes. Mon premier mandat de coopération internationale avec CUSO International a été Conseillère en employabilité dans un centre d’emploi jeunesse en banlieue de Lima. J’étais responsable de développer des ateliers sur la connaissance de soi, sur la rédaction d’un CV, la recherche d’emplois et les compétences pour réussir une entrevue.

J’ai par la suite changé de mandats et travaillé pour le programme Uniterra (ancien programme conjoint du CECI et de WUSC/EUMC) en tant que Conseillère en suivi et évaluation et en coordination de projet. 

J’ai accepté d’aller au Pérou, car j’y avais déjà voyagé et j’avais beaucoup aimé! J’ai aimé l’idée de travailler en espagnol et j’avais déjà développé une passion pour la culture hispanophone après mes études et mes voyages en Amérique latine. J’avais déjà vu que c’était une région où les jeunes et les femmes n’avaient pas beaucoup d’opportunités d’emploi et d’occasions pour se développer professionnellement, donc j’étais très contente de pouvoir faire ma part.

Les coopérants et coopérantes volontaires du programme Uniterra au Pérou. Photo: Maryse Nobréga/Uniterra

Comment était la qualité de vie en travaillant en coopération internationale?

Nous ne recevons pas officiellement de salaire, mais une allocation qui est plus que suffisante pour subvenir à nos besoins. Personnellement, j’ai économisé un bon montant au fil des années, mais j’avais un train de vie assez économe. Je ne lésinais pas sur les voyages par contre! Mais le coût de la vie au Pérou est beaucoup moins élevé qu’au Canada donc nos dollars canadiens vont loin!

En plus, j’avais l’opportunité de voyager beaucoup à travers le Pérou dans le cadre de mon mandat! J’ai eu l’occasion de voir des endroits où je ne serais jamais allée, par exemple plusieurs villes d’Amazonie.

Que faisais-tu dans tes temps libres?

J’ai énormément voyagé au Pérou et dans les pays voisins (Colombie, Bolivie, Équateur, Chili, Argentine). Nous avions 1 mois de vacances par an, donc beaucoup de temps pour voyager.

Pendant mes temps libres, je dansais la salsa une ou deux fois par semaine et je passais du temps avec mes amis en allant dans des restos et à la plage. La vie à Lima est très différente du Canada! J’avais une vie beaucoup plus sociale au Pérou qu’au Canada. Les Péruviens sont intéressés par les étrangers et aiment l’échange culturel et pratiquer l’anglais. Je me suis fait beaucoup d’amis péruviens très rapidement. Les Péruviens sont de bons vivants, qui aiment danser, se prélasser au soleil et bien manger. Ils profitent de la vie aujourd’hui au lieu d’attendre à plus tard à la retraite.

J’ai fait de belles rencontres à mon arrivée à travers les autres coopérants qui étaient déjà là. J’ai bâti de belles relations durables dès mes premières semaines. Je considère que le fait que je voulais me faire des amis péruviens et que je parlais l’espagnol a facilité mon intégration. Beaucoup de coopérants restaient entre eux, moi j’allais vers les Péruviens!

Agata et ses amis dans une soirée de danse salsa

Comment t’es-tu préparée avant ton départ?

Lors de mon premier mandat, j’ai été prise en charge par Cuso International. Je suis allé à Ottawa pour une formation de quelques jours pour développer des compétences en communication, en travail d’équipe, recevoir des ateliers sur le pays, sur la sécurité, sur la coopération internationale, etc. J’ai dû mettre à jour mes vaccins et faire un examen médical. J’ai aussi fait une collecte de fonds pour contribuer un peu financièrement et pour sensibiliser les gens autour de moi. J’ai aussi commencé à chercher de l’information sur le Pérou, comment trouver un logement, quel quartier privilégier, etc.

J’avais un visa de coopérant pour la durée de mes 7 ans. Tout était pris en charge par l’organisation de coopération internationale. Ils ont fait les démarches pour moi! 

Ce qui était bien aussi c’était que je ne perdais pas ma couverture RAMQ au Québec, car la coopération internationale est dans les exceptions pour garder sa couverture quand on part à l’étranger.

Dans quel type de logement habitais-tu?

J’habitais en colocation dans une maison typique dans le quartier de Barranco. On avait une grande terrasse sur le toit et c’était à 10 minutes de marche de la plage! Le quartier de Barranco était super, car c’est très coloré et artistique. Les organisations de coopération internationale nous aident dans notre recherche. Sinon, on peut trouver dans les groupes Facebook (pour colocation) ou dans les petites annonces dans le journal (pour logement complet). Il est possible de trouver une chambre en colocation entre 300$ et 500$ par mois.

Quartier de Barranco à Lima

As-tu eu des difficultés d’adaptation à ta nouvelle culture?

Je connaissais déjà l’Amérique latine donc je savais que j’allais aimer la culture, l’ambiance et la langue. J’avais déjà une très bonne base et ce fut un élément clé pour mon intégration réussie. Je crois que c’est un aspect très important pour bien s’intégrer à un nouvel endroit. J’ai cependant vécu un choc culturel au niveau de mon travail. Je travaillais dans une municipalité, où les choses prennent du temps, où les gens ne sont pas clairs dans leurs directives, où un oui veut dire un non, où c’est très hiérarchique, etc. Il y avait peu de financement donc il fallait faire beaucoup avec peu. Comme je travaillais en employabilité, c’était un peu décourageant de voir les conditions de travail offertes au Pérou. Les salaires des Péruviens étaient très bas, beaucoup d’heures de travail, etc. Nous avons donc développé un programme d’entrepreneuriat où les jeunes étaient encouragés à créer leurs propres compagnies.

Faire de la coopération dans des pays en développement n’est pas toujours facile. Comme on veut avoir un impact durable, les choses se font lentement et les effets peuvent se voir au bout de quelques années seulement. Donc il arrive qu’on se sente découragé et qu’on remette en question ce qu’on fait, ou si cela fait vraiment la différence. Heureusement, l’équipe est toujours là pour nous conseiller, la transparence est de mise donc tous les résultats et les impacts sont dévoilés. L’entraide est fortement encouragée donc on développe un sentiment d’appartenance et on finit par comprendre que ce que nous sommes en train de faire est important.

Aussi, il y a beaucoup de sexisme au Pérou. Les femmes n’ont pas le même statut que les hommes. C’est un pays très religieux et très traditionnel (les femmes restent à la maison avec les enfants). Et il arrive souvent qu’on se fasse siffler dans la rue.

Quel impact est-ce que ton séjour au Pérou a eu sur toi? 

Vivre au Pérou m’a changé pour toujours! J’ai développé une passion pour la culture latine et pour les langues. Au niveau professionnel, j’ai aimé travailler dans un milieu multiculturel et j’ai développé plusieurs compétences: la résilience, la polyvalence, le travail sous pression et la communication, etc.

J’y ai vécu parmi les meilleurs moments de ma vie! Ce que je ne ferais pas pour un déjeuner à La Panetteria à Barranco, une crème glacée à la Crème de la crème, une partie de volley à la plage, des sushis au Edo, une ballade sur le Malecon au couchez de soleil, une soirée au Sargento Pimienta, une soirée de jeux de société avec les amis et un barbecue sur ma terrasse à préparer un petit voyage à Mancora. 🙂

As-tu des recommandations à partager?

Je recommande de consulter le site web de l’AQOCI et tous les sites web des organisations de coopération internationale.

Mes endroits préférés à Lima et au Pérou :

  • La Panetteria à Barranco
  • Crème glacée chez Crème de la crème à Barranco
  • Edo Sushi à Miraflores
  • Ballades sur le Malecon au couchez de soleil
  • Soirées salsa au Sargento Pimienta
  • Le village côtier de Mancora pour les vacances

Ressources

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